Editions Les Nuits rouges
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  • Textes du PC (SFIC) et de la CGT-U (1932 et 1928)

    Henri Cartier, Comment la France « civilise » ses colonies

    Suivi par {Code de l’indigénat, code d’esclavage}

    L’ impérialisme occidental n’est sans doute pas d’une essence plus abominable que ceux qu’il a supplantés, quoique, porté par le dynamisme impitoyable de l’économie capitaliste, il se soit révélé bien plus efficace que les autres pour asservir les peuples et écraser ceux qui refusaient de se soumettre. A sa manière sanguinaire, il a tout de même amorcé un début de mondialisation. Il est donc irréversible, mais probablement aussi irréformable. Le travail d’exposition des crimes du colonialisme que nous menons depuis 1998 n’est donc pas motivé uniquement par des raisons morales, mais aussi par la conviction que ce mode de production est devenu dangereux, non plus seulement pour les hommes mais pour la planète elle-même. Ces deux textes ont été rédigés au tournant des années 1930, lors de l’aventureuse « troisième période » des partis communistes. Ils dressent un inventaire, sommaire mais précis, des méthodes du colonialisme français dans les années 1920-30 et reviennent sur quelques faits négligés par les historiens officiels, fussent-ils « anticolonialistes » : ainsi le toujours peu connu Code de l’indigénat, successeur du Code noir de la période esclavagiste, lui beaucoup plus documenté.

    Présentation de Jean-Pierre Aubert

    10,8 €.


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  • Arthur Conan Doyle Le Crime du Congo belge

    Suivi par « Le Congo français », de Félicien CHALLAYE. Postface de Colette Braeckman

    Contrairement à ce que son titre peut laisser croire, ce texte n’est pas une aventure inédite de Sherlock Holmes, mais un pamphlet de son créateur qui voulut enquêter lui-même sur les massacres et atrocités perpétrés entre 1885 et 1908 dans « l’Etat indépendant du Congo », propriété personnelle du roi des Belges, Léopold II. La rapacité du roi et des compagnies concessionnaires entraîna l’asservissement des paysans congolais, mobilisés pour « faire du caoutchouc ». Plusieurs millions d’entre eux y laisseront la vie, assassinés, affamés ou rendus malades. L’opinion mondiale retint surtout ces clichés d’enfants aux mains coupées, celles que les tirailleurs de la Force publique ramenaient aux officiers blancs pour évaluer le nombre de leurs victimes et prouver qu’ils n’avaient pas gaspillé leurs cartouches à la chasse… Tout comme à cette époque Félicien Challaye, secrétaire de Brazza lors de son inspection menée sur la rive « française » du Congo en 1905, Doyle se réclame d’un colonialisme soucieux de l’ « amélioration de la condition des races indigènes », et peut-être plus encore de la « liberté du commerce ». C’est-à-dire, dans sa conception, celui que pratiquaient les Anglais – oubliant la quasi-extermination des premiers Australiens – et, dans une moindre mesure, les Français, bien qu’ils eussent adopté l’essentiel du système léopoldien dans leur colonie congolaise, où le pillage des ressources caoutchouteuses, quoique moins abondantes, était aussi intense. C’est ce qui ressort du texte implacable de Challaye, publié par Charles Péguy en 1906 dans ses Cahiers de la quinzaine, malgré la modération de son expression.

    14 €. 312 pages. ISBN : 2 782913 112261


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  • Constantin Sinelnikoff, L’Œuvre de W. Reich

    Nouvelle édition, revue par l’auteur.

    Sur la plus grande partie de la planète, la situation n’a guère évolué depuis la première édition de ce livre en 1970, et même les années 1930 lorsque Wilhelm Reich (1897-1957) militait au sein du PC allemand. La répression sexuelle sévit toujours, commandée par des morales plus ou moins rigides, répression dont les femmes sont les premières victimes. Dans les pays riches, la libéralisation des mœurs s’exprime surtout par un déluge d’images de femmes nues et des discours empreints d’un hédonisme compatible avec l’ordre social. Mais la persistance de la violence, tant dans les pratiques que dans les fantasmes, montre que si les sociétés modernistes ont, chez elles, parfois fait reculer un peu la misère sociale, la misère sexuelle reste la chose la mieux partagée. Constantin Sinelnikoff, qui fut l’un de ses premiers éditeurs en France, expose ici de manière chronologique les concepts-clés de la théorie du jeune Reich qui voulut combiner sexologie et politique, et montrer le lien existant entre génitalité entravée et capitalisme. Malgré son caractère parfois normatif, elle conserve encore aujourd’hui une certaine pertinence.

    14 €. 312 pages.

    Présentation de Jean-Marie Brohm


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  • Henry Leyret, En plein faubourg

    Notations d’un mastroquet sur les mœurs ouvrières (1895)

    « Loyal, pas méchant, l’ouvrier parisien est très généreux… Un maçon prend une voiture, se promène pendant une heure et demie, puis, en s’excusant de n’avoir pas davantage, il donne seulement 20 sous au cocher ; celui-ci maugrée, tempête, enfin, bon enfant, finit par accepter ; on prend un verre, on trinque ensemble, l’automédon regagne son siège quand, soudain, l’autre l’insulte : – T’es pas honteux de travailler à vil prix ? 20 sous ! T’as donc pas de cœur, canaille, pour trahir tes frères ? Ahuri, furieux, le cocher lève la main, les deux hommes roulent sur le trottoir, mais c’est le cocher qui est le plus fort, il tient son singulier client sous les genoux, il peut le frapper, l’abîmer, quand, s’arrêtant, il dit : – Tu vois, je pourrais te faire mal, tu le mériterais, car tu t’es salement conduit. Mais je ne t’en veux pas, t’as bu un coup de trop ! Lève-toi et faisons la paix. »

    Pour ce reportage dans ce qu’on n’appelait pas encore « les quartiers sensibles », le journaliste Henry Leyret s’était fait bistrottier pendant quelques mois. Ses observations pertinentes, émaillées de « brèves de comptoir » authentiques, constituent un témoignage de première main, précis et souvent drôle, sur la condition et les idées politiques des ouvriers parisiens de la fin du XIXe siècle.

    10,2 Euros. 168 pages.

    Présentation d’Alain Faure


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  • Giachetti /Scavino, La Fiat aux mains des ouvriers

    L’Automne chaud de 1969 à Turin

    Si le Mai-1968 français est emblématique du mouvement contestataire de la fin des années 1960, c’est en Italie qu’il a pris la plus grande ampleur, démarrant dès mars 1968 pour ne s’achever qu’une dizaine d’années plus tard. Mais le vrai coup d’envoi de ce « Mai rampant » sera donné, à l’automne 1969, avec les grèves de la Fiat-Mirafiori, à Turin, la plus grande usine d’Europe. Au contact d’étudiants et de militants qui refusaient le réformisme du Parti communiste italien – tel Adriano Sofri, futur fondateur de Lotta Continua –, les O.S., fraîchement importés du Sud de l’Italie, vont inventer des formes de lutte vigoureuses, bloquant ou sabotant la production, forçant les chefs à défiler avec eux dans les ateliers, et radicalisant, contre leur gré, les syndicats. Outre cette critique pratique du travail, ces ouvriers auront eu aussi le mérite de sortir de l’usine pour impulser un vaste mouvement d’insubordination qui touchera toute la région, les autres usines et les collèges, marqué notamment par l’« autoréduction » des prix et des loyers. Comme le disait un des ouvriers, « j’ai finalement découvert que nous ne luttions pas seulement contre le patron mais contre tout ».

    14 Euros. 312 pages.


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  • Flor O’Squarr Les Coulisses de l’Anarchie

    Propagandistes, émeutiers, antipatriotes, trimardeurs, pieds-plats, dynamiteurs, estampeurs et illégalistes.

    « La première impression éprouvée par l’anarchiste devant l’appareil solennel de la justice est celle d’une hilarité incoercible. Lorsqu’il est pris, qu’il a épuisé toutes les ressources de la révolte – fuite, résistance aux agents, coups de revolver –, lorsqu’il est installé au dépôt, l’anarchiste se déride et « blague » copieusement l’autorité. Non qu’il s’avoue désarmé par son propre rire, non qu’il pardonne au juge. Bien au contraire, mais il sait que son procès sera publié et il transforme immédiatement son pilori en tribune libre. La manie de la propagande le suivra sur les bancs de la cour d’assises ; il n’y renoncera même pas au bagne. A Cayenne, Duval et Pini narguent la chiourme et catéchisent les forçats ou les colons. Catéchiser le colon, c’est un devoir ; narguer la chiourme, c’est un plaisir. »

    Publiciste mondain et duelliste à ses heures, Flor O’ Squarr n’était pas exactement un sympathisant de « l’Idée », mais il en connaissait bien les hommes, qu’il admirait souvent. Toutes ces particularités font de ce panorama du mouvement anarchiste, dressé en 1892, au cœur des années de poudre, un livre passionnant, à l’écriture plaisante, et riche en anecdotes.

    Avant-propos de Julius Van Daal.

    13,5 Euros.


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  • Réimpression

    Carlos Semprun-Maura Révolution et contre-révolution en Catalogne

    Nouvelle édition

    Tout le monde était d’une manière ou d’une autre contre les collectivisations, sauf les travailleurs eux-mêmes. Certes, la CNT-FAI les revendiqua comme « sa » création et ce sont la plupart du temps des militants de ces organisations qui en prirent l’initiative. Mais le décret qui les limite et les dénature fut aussi, en grande partie, son œuvre. Et toutes les mesures découlant de ce décret seront prises avec la participation active de l’organisation anarchiste. Et lorsque, pendant les Journées de mai 1937, on essayera de liquider par la force les collectivisations et la démocratie ouvrière en général, la CNT ira les défendre sur les barricades, mais prêchera en même temps le compromis, la paix civile, la capitulation en un mot. Les travailleurs qui avaient réalisé et défendu pendant de longs mois l’autogestion de nombreux secteurs industriels et agricoles avaient donc pour ennemis non seulement les militaires et les fascistes représentant la bourgeoisie et les latifundistes, mais aussi “objectivement”, les nouvelles couches bureaucratiques qui, placées sous les mêmes drapeaux qu’eux, avaient déjà commencé à rétablir, sous des formes parfois nouvelles, la vieille exploitation du travail salarié et la hiérarchisation totalitaire de la vie sociale.

    14, 3 Euros.


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  • Prakash Singh Histoire du Naxalisme (1967-2003)

    Jacqueries et guérillas de l’Inde

    Les cohortes grandissantes de touristes occidentaux qui vont périodiquement faire le plein de spiritualité en Inde ignorent que, depuis trente-six ans, des guérillas paysannes luttent contre le système social et religieux. Tout au plus connaissent-ils l’équipée de Phoolan Devi, cette femme tour à tour bandit et députée, qui fut assassinée en 1998. Lancé à la suite d’une révolte dans un village bengali, le naxalisme a connu son apogée à la fin des années 1970, mais n’a jamais disparu et reste très actif dans le centre-est du pays, malgré les répressions sporadiques. Parfois comparé au Sentier lumineux pour ses méthodes expéditives, ce réformisme armé procède par coups de main, redistribuant la terre et brûlant les actes notariés, comme le fit une fois l’anarchiste Malatesta en 1877. Il comble aussi, à l’instar des maoïstes d’avant 1949, certaines lacunes de l’Etat, ne serait-ce qu’en forçant médecins et instituteurs absentéistes à faire leur travail. Cet ouvrage est le seul qui couvre toute la période. L’auteur, retraité de la police indienne, juge le naxalisme comme « une tentative sincère, mais maladroite, de changer un système qui n’avait pas tenu ses promesses et ne défendait pas les intérêts de la majorité du peuple ».

    Prix en France : 12 Euros.


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  • Choix de textes

    Précis d’anti-électoralisme élémentaire

    120 motifs de ne pas aller voter - Préface de Raoul Vilette.

    Ce choix de textes, contemporains ou plus anciens, n’est pas destiné à prôner l’abstention, encore qu’il donnera beaucoup d’arguments en ce sens, mais simplement à relativiser l’importance des élections dans les sociétés contemporaines. Lorsqu’elles ne sont ni truquées ni faussées –ce qui est le cas, d’une manière ou d’une autre, dans la majorité des pays –, elles n’offrent qu’un état de l’opinion ; état qui est déterminé par le jeu des forces économiques, militaires et sociales, intérieures et extérieures. Autrement dit, les élections ne font qu’entériner ces rapports de forces, mais elles ne les créent pas. Dans les pays riches, le système politique organise l’alternance au pouvoir de deux partis, qui mènent à peu près la même politique procapitaliste. Les deux blocs se neutralisant, la décision est faite à chaque élection par quelques centaines de milliers d’électeurs du centre. Les petits partis extrémistes ne peuvent que graviter autour de ces blocs, et ne peser que marginalement sur leur politique. Même l’abstention est intégrée –parfois même encouragée– par le système, puisqu’elle réunit, autour des « apolitiques », les déçus de la droite et de la gauche. Elle reste pourtant l’attitude la plus claire, sinon toujours la plus raisonnable, pour qui ne veut pas être l’éternel dindon de la farce électorale.

    Prix en France : 10 €. 144 pages. ISBN : 9 782913 112308

    Présentation de Raoul Vilette


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  • Eric Aunoble. « LE COMMUNISME, TOUT DE SUITE ! »

    Le mouvement des Communes en Ukraine soviétique (1919-1920)

    Le mouvement des communes ukrainiennes est un épisode peu connu. Il est vrai qu’il n’a concerné que quelques milliers de personnes dans les premiers mois de 1919 et n’a guère survécu à la conquête de la région par Dénikine, même si certaines ont pu se maintenir jusqu’en 1935. Constituées par des paysans parmi les plus pauvres, et bien soutenues au début par le pouvoir bolchévique, elles représentent pourtant la tentative la plus aboutie de réaliser l’idéal communiste, et même libertaire : démocratie directe, égalité radicale et communion humaine. Les communards vont toutefois se trouver en butte à l’hostilité du reste de la paysannerie, à l’indifférence des makhnovistes qui ne prônaient que le simple partage des terres, et finalement à la prudence des autorités soviétiques qui cesseront de les encourager après leur reconquête de l’Ukraine, au début de 1920. En brossant le tableau détaillé de l’utopie communarde, l’étude novatrice d’Eric Aunoble – qui a travaillé sur des archives inexploitées – permet d’étudier à nouveaux frais les débuts de la révolution bolchévique, puis ses reculs. Elle constitue une ouverture exceptionnelle sur la pénétration des idées communistes dans les populations, révélant ce paradoxe que c’est finalement au sein de la paysannerie, plus que parmi la classe ouvrière, que sont apparues les forces de transformation sociétale les plus radicales.

    288 pages. 18 €.

    ISBN : 9 782913 112292


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